Pensée du jour

 

D’abord l’herbe puis le grain

 

« Mon bien-aimé est à moi, et je suis à lui. » Cant des cant 2.16

Parmi les lois spirituelles qui régissent le royaume de Dieu, se trouve celle de la croissance progressive. La germination et le développement de la semence divine échappent à la compréhension, au contrôle, et au travail de l’homme.

« La terre produit d’elle-même, d’abord l’herbe », dit Jésus. Il en est ainsi de l’amour. Dans ce domaine, comme dans beaucoup d’autres, nous sommes à l’école de Dieu. Nous apprenons de lui à aimer. A aimer plus : c’est l’intensité de l’amour. A aimer bien : c’est la qualité de l’amour. A aimer mieux : c’est la correction de l’amour. A aimer comme Dieu : c’est l’imitation de l’amour. A aimer toujours : c’est la constance et la persévérance de l’amour.

La Sulamithe a d’abord éprouvé « l’amour en herbe ». « Mon bien-aimé est à moi, et je suis à lui », dit-elle. C’est « l’amour en retour ». Pour nous, il est le miracle de la grâce, le fruit de la vie divine en nous, la réponse à l’amour de Jésus pour nous. Nous prenons la bonté et l’amour de Dieu notre Sauveur à pleines mains, à plein cœur. Nous buvons à longs traits le lait spirituel qui se trouve dans la Parole de Dieu. Nous sommes des consommateurs avides du salut. Jésus donne en abondance. Nous recevons de sa plénitude. Il est notre part d’héritage et notre breuvage. Rien ne nous donne une joie indicible comme la communion avec lui. Il nous aime. Nous l’aimons.

Il est à nous, et nous sommes à lui. A lui, par sa miséricorde et par son élection. A lui, parce qu’il a déployé sur nous son amour, et qu’il nous a choisis pour être siens. A lui, par la foi et par la soumission. C’est une union que la mort et l’éternité ne peuvent ni altérer, ni dissoudre. A lui, jusqu’à la fin du jour. Jusqu’à ce moment-là, notre communion avec lui est vécue parmi les ombres. Mais quand poindra l’aurore du grand jour, ces ombres fuiront. En attendant, nous sommes à notre Bien-aimé tout autant à l’heure de la souffrance qu’au jour de la gloire.

Que notre amour augmente de plus en plus ! Que notre terre, après avoir produit l’herbe, donne aussi l’épi ! 

 

« Je suis à mon bien-aimé. » Cantique des cantiques 7.11

Ce cri triomphant de la Sulamithe n’est ni précédé, ni suivi, comme auparavant, de l’affirmation : « Mon bien-aimé est à moi ». La bien-aimée est tout entière à son bien-aimé. Voilà l’amour parvenu à une pleine maturité. Il se donne à l’être aimé, sans rien exiger en retour. Quoi qu’il advienne, il se déploie avec force.

Cet amour remplissait le cœur des compagnons de Daniel. Quand bien même Dieu ne les aurait pas délivrés de la fournaise ardente, ils n’auraient pas servi les dieux du roi Nebucadnetsar, ni adoré la statue d’or qu’il avait élevée. Ils étaient à leur Bien-aimé, quoi qu’il en coûte.

Accepter de n’être plus rien, perdre sa propre vie, être au Seigneur pour vivre et pour mourir, n’avoir pour seul désir que de l’aimer, c’est bien là « le grain dans l’épi. » L’apôtre Paul avait atteint ce degré d’amour. « Je ne fais pour moi-même aucun cas de ma vie, comme si elle m’était précieuse, disait-il, pourvu que j’accomplisse ma course avec joie, et le ministère que j’ai reçu du Seigneur Jésus, d’annoncer la bonne nouvelle de la grâce de Dieu. » (Actes 20.24) Remplis d’un tel amour, nous nous oublions nous-mêmes. Nous supportons tout, prêts à souffrir jusqu’au bout pour le Seigneur.

Veillons donc à ce que notre cœur soit honnête et bon, pour que le germe d’amour semé en nous par la main divine, produise un fruit béni, celui de l’Esprit. C’est ainsi que le divin englobe l’humain, que le ciel rencontre la terre et l’exauce. Instant après instant, ce baiser éternel façonne l’amour mature, paisible et triomphant, généreux et sage, humble et magnifique, paré d’une splendeur à faire pâlir les gloires du siècle présent.

Le fruit mûr est maintenant prêt pour la moisson, les noces de l’Agneau, l’union spirituelle et incorruptible avec le Fiancé divin. Christ apparaîtra à ceux qui l’attendent pour leur salut. Ses désirs ne se portent-ils pas vers eux ?

Paul Ballière 

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